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Quel management de l’innovation créative, pour des innovations conceptuelles portées par le beau ?

Quelles sont les conséquences concrètes en termes de management, si l’on passe aujourd’hui de l’innovation technique à l’innovation conceptuelle portée par le beau ?

Nous ne prétendons pas ici proposer un modèle idéal de management de l’innovation conceptuelle portée par le beau, mais apporter des éléments de questionnement, de réflexion, permettant de dégager des enseignements pour demain...


Stéphane Ely, "Quel management de l’innovation créative, pour des innovations conceptuelles portées par le beau ?"

Comme le dit Hélène Grimaud, « il faut être touché pour être motivé à l'action ». Partant de ce constat, nous avons observé plusieurs modèles de management de l’innovation... Lesquels permettent de toucher le public interne de l’entreprise ?


Le modèle de management de la création, celui que l’on voit dans les Maisons de couture ? NON.


Nous parlons de ces Maisons où le créateur tout puissant impose sa vision, son talent, mais en l’expliquant rarement de manière conceptuelle… rendant le travail autour du créateur extrêmement difficile pour tous ses collaborateurs.


A voir les différents reportages sur les créateurs de mode - qu’il s’agisse de Valentino, John Galliano, Marc Jacobs, ou encore Karl Lagerfeld - à voir la pression qu’ils subissent, on pressent les limites de ce type de management, même s’il a par ailleurs donné naissance à de fabuleuses innovations et créations.


Le créateur, dans ces métiers, est manager de la création & de l’innovation. Il est isolé, tout puissant. Comme l’écrit Karl Lagerfeld sur sa boule de Noël : « Mon grand luxe est de n'avoir à me justifier auprès de personne ! ». De là à en devenir autocratique, il n’y a qu’un pas…


Comment, dans ce cas, réussir à mobiliser et fédérer les collaborateurs autour de visions et de concepts qu’ils ne comprennent pas, ne ressentent pas ? Comment leur permettre d’être actifs et acteurs de l’innovation ?


Le modèle de management de l’innovation porté par le DG créateur, à l’image d’Apple ? NON.

Stéphane Ely, "Quel management de l’innovation créative, pour des innovations conceptuelles portées par le beau ?"

Le DG créateur tout puissant est, paradoxalement, un autre exemple à ne pas suivre. Le caractère autocratique, extrêmement destructeur voire humiliant, qui est décrit dans la récente biographie de Monsieur Jobs, n’est pas sans rappeler les comportements des divas du luxe…


Force est de constater que le talent créatif, à la fois esthétique, conceptuel, marketing et technique de Steve Jobs, est absolument extraordinaire, hors norme. Mais son mode de management, lui, est plus que discutable. Les collaborateurs, au lieu de ressentir la beauté des visions et des concepts, ressentent plutôt de la terreur au quotidien !


L’une des principales raisons qui rendent les « managers créateurs » très difficiles à vivre et à suivre pour leurs équipes est, selon moi, liée à leur incapacité à travailler sur une couche conceptuelle partageable.


Leur talent hors norme serait-il d’inspiration supérieure, transcendantale, divine, pour ne pas supporter d’être partagé avec le commun des mortels ? Steve Jobs le décrit très bien : il constate que, souvent, on reproche aux personnes extrêmement douées de ne pas aimer travailler en groupe ; selon lui c’est faux, « c’est juste qu’ils n’aiment pas travailler avec des nuls… ». La solution qu’il propose : ne recruter que des génies (dans le cas de Steve Jobs, si possible des génies influençables, se laissant manipuler, à l’image du génial et bien sympathique Steve Wozniak, l’inventeur de l’Apple 2). On constate alors que ces génies embauchés par Steve Jobs aiment bien travailler entre eux, et surtout pour lui et pour son oeuvre, sans compter...

Stéphane Ely, "Quel management de l’innovation créative, pour des innovations conceptuelles portées par le beau ?"

Je pense, pour ma part, que le vrai talent du manager de l’innovation créative réside dans sa capacité à inspirer des équipes, et à leur permettre de révéler le meilleur d’elles-mêmes. Ce que la littérature américaine décrit comme le « Creative Leadership » est une facette majeure, que les managers devront développer pour faire face aux défis de demain (Voir les données IBM 2010, Global CHRO study).

Le manager de demain devra savoir utiliser son talent et son intuition créative, pour fédérer les équipes et partager son sens d’un beau universel, capable de toucher son marché… et ainsi de toucher, motiver à l’action ses collaborateurs, non pas dans une posture de fascination teintée de peur, mais pour qu’ils soient réellement nourris, grandis, capables de s’épanouir dans une participation joyeuse à l’innovation créative de leur entreprise…


(Je sais que certains vont en rire ; d’autres se diront sans doute que je vis « dans le monde des Bisounours »… Non. Mais j’ai envie de croire que business et respect de la personne, de son environnement, est aujourd’hui un chemin possible. Et de manière plus pragmatique, je pense que c’est même un chemin obligatoire. Il est impossible de « jouer la comédie » du touchant, du beau, du bien, du bon. Innover dans ce sens demande de s’appuyer sur des équipes alignées, incarnant ces valeurs, pour être à même de les transmettre et d’entrer en relation avec les clients de manière pérenne.)

Stéphane Ely, "Quel management de l’innovation créative, pour des innovations conceptuelles portées par le beau ?"

Forts de ces convictions, nous tentons de tisser, à partir d’exemples et de modèles inspirants, quelques principes de management et actions concrètes, pour mettre en marche un processus d’innovation créative porté par le beau, le beau au sens universel, dans sa capacité à ré-enchanter le monde, à apporter une harmonie…




Les composantes de l’organisation innovatrice

Le cœur de l’organisation innovatrice présente trois composantes clés.

1) La vision et la stratégie : c’est la ligne directrice portée par le leadership, qui se doit de manifester fortement la volonté d’innover, et le type d’engagement de l’organisation. Pour innover et permettre l’initiative, l’entreprise doit proposer une vision de manière claire, être capable de la conceptualiser et en transmettre l’essence dans chacune de ses actions.

Elle peut être véhiculée par des phrases chocs : « Ne tombons pas dans la complaisance, innovons ! » (Pixar), « Etre numéro un ou deux, ou bien mourir » (Jack Welch, General Electric), des key notes, des communications inspirantes pour les consommateurs mais aussi les collaborateurs internes.


2) La structure et le process : s’ils doivent impérativement être présents pour favoriser et organiser la capacité d’innovation, ils ne doivent pas être trop présents ni pesants. Des contrôles trop stricts, des structures trop cloisonnées sont le meilleur moyen d’annihiler toute velléité d’innovation. La flexibilité, la capacité à évoluer sont les meilleurs conseillers en matière de structure et de processus.

Parmi les ingrédients favorisant l’innovation conceptuelle par le beau, on peut citer : - Une communication intensive (l’architecture intérieure de l’entreprise est, à cet égard, un levier à ne pas négliger pour encourager les échanges, à l’image de Dyson, qui a su faire de ses locaux « un campus plus qu’une usine »)

- Un travail d’équipe efficace, et pas toujours conventionnel (Pixar a par exemple choisi de « regrouper les moutons noirs »)

- Une connexion avec le monde extérieur (on pense ici notamment à toutes les démarches de co-création visant à impliquer les clients et les partenaires dans la démarche d’innovation)

- Une culture du prototypage (Ideo et ses « dirty proptotypings » pour ne citer qu’un exemple) - Et toutes les initiatives permettant de rendre l’organisation apprenante, à travers une culture Bêta (Google), une reconnaissance du droit à l’erreur (3M), ou encore la mise en place de plateformes de partage d’informations.


3) L’humain, l’individu : dernière composante, mais non des moindres, l’humain, l’individu, est évidemment au cœur des organisations innovatrices, car les collaborateurs doivent être touchés pour, à leur tour, toucher les consommateurs et leur public.

Comment stimuler les qualités humaines, individuelles, impliquées dans une démarche d’innovation créative portée par le beau ?

- Notamment en s’appuyant sur des individus-clés (les « patrons de maison » chez Ideo) - En favorisant le développement individuel

- En valorisant, en encourageant les initiatives créatives : nombreuses sont les organisations qui instaurent des prix d’innovation afin de reconnaître et de motiver les collaborateurs (3M avec Innovator’s award et sa « galerie des célébrités » par exemple), ou encore qui mettent en place des systèmes d’innovation participative (EDF, La Poste, Accord...).

Stéphane Ely, "Quel management de l’innovation créative, pour des innovations conceptuelles portées par le beau ?"

- En installant un climat créatif, et bien sûr, des méthodes, techniques de créativité. Ceci constitue un élément clé dans les processus d’innovation qui, demain, ne devront plus uniquement répondre à des attentes et des besoins rationnels, mais réellement participer à enchanter, nourrir les rêves et désirs des consommateurs.

Cette capacité à proposer des innovations touchantes, justes, portées par le beau, s’appuie sur la sensibilité de l’individu, sa capacité à sentir, à se laisser toucher, à avoir un rapport sensuel au monde … des chemins et des qualités que l’on peut développer en s’appuyant sur des outils et des processus de créativité dépassant le simple brainstorming, notamment avec des techniques créatives plus « impliquantes », que nous appelons « sensibles ».


Synthèse des composantes de l’organisation innovatrice

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